© Rudy UATINI
Commerce artisanal moderne
Wallis - Informations / 22 Mai 2008
Du 19 au 24 mai, au fenuarama de Mata Utu, une dizaine de femmes exposent et vendent le fruit de leur travail : une collection de plantes et de bijoux fabriqués avec des matériaux locaux. La dizaine de femmes, qui réunissaient habituellement entre elles, ont décidé de faire découvrir leurs oeuvres au grand public.
« Les bijoux fabriqués sont le résultat du mariage des matériaux traditionnels et d’un design beaucoup plus moderne » déclare Paula Yone. La rencontre entre Agnès Tiercelin, diplômée de l’école du Louvres, ancienne bijoutière, venue à Wallis pour suivre son mari, et les femmes wallisiennes qui maîtrisaient l’art traditionnel des colliers de coquillages a permis l’élaboration d’une telle gamme. « Nous, wallisiennes, avons de l’or dans les mains ; ce qui nous manquait, c’était un brin de modernisation dans nos œuvres ».
Un succès bien mérité
Les femmes utilisent des matériaux 100 % naturel. « Nous allons nous même chercher les coquillages à l’îlot. Il y a les porcelaines qu’il faut traiter et les graines qui n’apparaissent qu’à certaines saisons» déclare Agnès Tiercelin. Après l’approvisionnement en matières premières les femmes passent des heures à confectionner les bijoux. « Un petit collier de coquillages nous demande environ 4 heures de travail, que nous passons devant la télé » déclare Agnès et Paula en rigolant. Cette première exposition se révèle être un véritable succès auprès de la population. « Nous avons pratiquement tout vendu. Les articles les plus chers sont partis en premiers et notre stock de plus de 300 plantes s’est rapidement écoulé. » Affirme Paula Yone.
Un mélange ethnique rare dans ce domaine
Dans un domaine souvent réservé aux femmes wallisiennes, beaucoup ont été surpris d’apprendre que les femmes à l’origine de ces bijoux étaient aussi des métropolitaines, des réunionnaises… « On dit souvent que les « papalagi » sont en marge de la société wallisienne et qu’ils ne s’y intéressent pas, c’est pourquoi nous prouvons le contraire par cette exposition qui est le résultat de ce brassage d’ethnies et qui a permis cet échange de savoir faire.» affirme Paula Yone. Ce mariage des différents savoir faire et le succès de l’exposition ont donné naissance à un nouveau projet : une autre exposition cette fois, accompagnée par différents artistes et notamment Rebecca Kulimoetoke dont les tableaux sont exposés en ce moment dans une autres surface commerciale.
Rudy UATINI
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