© Pierre GINS
Charlotte Xelot : impressions après son retour en métropole
Activités Ados - Informations / 25 Aout 2008
Charlote Xélot compte parmi ces jeunes métropolitains qui ont vécu une tranche de vie à Wallis durant cette période si brève et si intense qu’est l’adolescence. Elle nous livre ses impressions avec sincérité, tendresse et mélancolie, ne dissimulant pas son attachement à cette petite île du bout du monde qu’est Wallis et à ses habitants.
" Il y a 2 ans déjà, le 7 juillet 2006, j'attendais à l'aéroport d'Aulnat l'avion qui m'emmènerait vers une nouvelle vie: Wallis.
Avant que mon père ait sa mutation je n'avais jamais entendu parler de ce petit coin de paradis et j'étais incapable de le situer sur une carte. L'idée d'une petite île, d'un lagon et de cocotiers nous a séduit et sur un coup de tête après quelques discussions en famille nous nous sommes jetés à l'eau et avons décidés de partir. Après 10 années de ma vie passées à Clermont-Ferrand le départ a été difficile. Je laissais mes amis, mon école, mes habitudes, ma vie... pour partir à 22 000 km sans savoir ce qui pouvait m'attendre là bas.
Il y a quelques semaines maintenant j'ai fait le trajet en sens inverse. Wallis-Clermont, 35h de voyage et vinrent les larmes aux yeux. A mon arrivée j'ai retrouvé les mêmes personnes qui m'avaient dit au revoir deux ans auparavant. Les seuls amis qui en sont restés et qui n'ont pas laissé la distance tout effacer. "Loin des yeux loin du cœur", un proverbe qui peut prendre tout son sens. Apres deux ans d'absence les rues, les bars, les boites de nuit, les magasins, tout semble être différent. Les habitués avec qui on se retrouvait au Magma place de la Victoire les week end ont été remplacés par de nouveaux jeunes. Alors on essaye de reprendre contacte, d'envoyer quelques textos pour donner signe de vie, certains ont changé de numéro, d'autres ne répondent pas et le reste donne des nouvelles, nous apprenant que tout le monde est maintenant dispersé aux 4 coins de la France. Le plus dure lorsqu'on déménage n'est pas vraiment que tout ait changé lorsqu'on revient, mais surtout que chaque départ nous laisse une peine au cœur. On laisse toujours des gens derrière soi tout en sachant que rien ne sera plus jamais pareil.
Les deux années que j'ai passé a Wallis ont peut être été les deux meilleures de mes souvenirs. La différence de culture qui parfois fait peur m'a au contraire attirée. J'y ai rencontré des gens formidables, des amis, des frères. Sous leurs airs de BAD BOY des personnes généreuses au grand cœur. Je ne saurais vraiment écrire tout ce que j'ai sur le cœur et combien cette expérience a été bénéfique. Elle a transformé ma façon de penser, de réfléchir et de voir la vie. Il est rare pour une papalagi de se plaire autant a Wallis et surtout de se faire des
wallisiens pour amis mais malgré cela, je me considère maintenant comme métisse, Wallis est devenue mon île de cœur. Les boursiers qui partent en métropole savent qu'ils reviendront car ils ont de la famille sur place alors que moi je n'ai aucun pied a terre. Mais un jour je reviendrais... ».
Texte: Charlotte Xelot
Pierre GINS
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