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Le Pacifique, océan ouvert aux conquêtes
Histoire - Informations / 5 Septembre 2006
Après le traité de Tordesillas (1494) le XVIème est le siècle de l’Espagne; en 1598, les Hollandais s’installent aux Indes et aux Moluques, le seul archipel d’Indonésie où poussent les très recherchés clous de girofle et noix de muscade et que les Portugais, chassés d’Indonésie, perdirent en 1570. L’Espagne ne règne plus sans partage. Elle garde les Philippines tandis que les Portugais conservent Timor. Tout le reste de l’archipel indonésien est contrôlé par les Hollandais, maîtres absolus pendant deux siècles du marché des épices dans le monde.
Le dynamisme de la Compagnie hollandaise des Indes Orientales, créée en 1602, fait des émules parmi les négociants. Ainsi, Isaac Le Maire, riche importateur du port de Horn, fonde sa propre société, la compagnie australienne, et confie à son fils Jacob Le Maire la direction d’une expédition (1615-1617), de deux navires dans le Pacifique, l’Eendracht -la Concorde- (220 tonneaux et 65 hommes), le Hoorne (110 tonneaux et 22 hommes). Ils sont commandés par les frères Willem et Jan Schoutten, deux des meilleurs navigateurs de Hollande. Les vaisseaux, cap au sud, commencent par descendre le long des côtes américaines, dépassent le détroit de Magellan, et doublent le cap extrême de l’Amérique du sud, découvrant ainsi, le 25 février 1616, une nouvelle route plus facile d’accès (le détroit de Le Maire). Le 29 février, ils croient apercevoir un promontoire de la Terre de Feu, mais ce cap, qu’ils baptisent aussitôt du nom d’un de leurs navires, le Horn, (perdu quelques jours plus tôt dans un incendie), n’est en fait qu’une île.
Entrés dans le Pacifique, ils suivent la route de Magellan. Le scorbut a déjà fait des ravages parmi l’équipage dont Jan Schoutten, décédé la veille. Ils cherchent donc à se ravitailler en vivres frais et entrent en contact avec les habitants de Puka-puka, Takaroa, Takapoto, Manihi et Rangiroa aux tuamotu. Mais ces contacts se terminent le plus souvent par des tirs de mousquets…
Les Hollandais ne pourront se ravitailler que dans l’atoll de Manihi, alors désert. A Rangiroa, ce ne sont pas les hommes qui les repoussent. Le Maire voit revenir ses marins «couverts de mouches, au point qu’on ne peut les reconnaître : leurs visages, leurs mains, les chaloupes jusqu’aux rames sont noirs de ces insectes». Les Hollandais s’éloignent donc de ces parages hostiles. Quelques atolls des Tonga, puis les îles Futuna et Alofi, qu’ils surnomment les îles Horn constituent d’autres découvertes jusqu’à Java. Mais ces résultats sont jugés décevants pour les actionnaires de la compagnie des Indes. L’exploration du Pacifique s’interrompt pour de longues années.
Les premiers voyageurs Européens
Les marins du XVIè siècle étaient attirés par l’or et les épices. Ceux du XVIIIème siècle voyagent pour la science et les progrès de la « civilisation». Ils bénéficient de techniques de navigation (voiles rectangulaires augmentant leur portée, calcul des longitudes par la méthode des distances lunaires, mise au point du chronomètre, doublage en cuivre de la coque) qui leur permettent de devenir les premiers flâneurs des océans. Ces hommes dressent le relevé des côtes, observent le passage des planètes, répertorient des listes de vocabulaire, complètent les nomenclatures animales et collectionnent les plantes, les coquillages et les coraux. Ils mettent le monde en boîte. Le Pacifique, dernière région du monde connue par les Européens, devient ainsi la première saisie scientifiquement.
Ces voyageurs jettent aussi les bases d’une nouvelle science, en se montrant pour la première fois ouverts à l’interrogation ethnographique. La première découverte d’un archipel polynésien (les Marquises) par Mendana et Quiros, en 1595, n’avait pas inspiré le même regard favorable, ni produit le mirage océanien. Les Espagnols n’eurent pas plus d’égard pour les insulaires qu’envers les Indiens d’Amérique. Un siècle et demi plus tard, «Bougainville et Cook voient un frère en tout homme» dit Jules Verne qui fait leur éloge dans sa série les grands navigateurs du XVIIIème siècle, et décèle chez eux les signes avant coureurs des droits de l’homme. L’Europe des Lumières s’exhorte à la responsabilité et à la reconnaissance des droits universels.
Rivalité franco-anglaise au XVIIIème siècle
Les Anglais et les Français ont aussi créé, au début du XVIIème siècle, leurs compagnies des Indes Orientales sur le modèle de la Compagnie de Hollande. Ils sont en mesure, dès la fin du XVIIème siècle, de se manifester dans le Pacifique. Entre 1695 et 1726, jusqu’à 168 navires français participent au commerce entre la France, l’Amérique latine et la Chine. Dès 1764, les anglais arment, dans le plus grand secret, le Dolphin, (190 hommes, 24 canons). Parti d’Angleterre, le 22 août 1766, le Dolphin, commandé par Samuel Wallis, arrive le 19 juin 1767 à la presqu’île de Tahiti, son premier mouillage dans le Pacifique.
C’est à Samuel Wallis que revient la découverte d’Uvéa, lorsque le capitaine du Dolphin mouille deux jours devant l’île en 1767 sans pour autant y débarquer. Il envoie l’officier Robertson avec deux chaloupes afin de sonder l’entrée de la passe, de prendre contact avec les habitants, de faire provision d’eau et si possible de prendre possession de l’île.
La marée descendant, les matelots vont se contenter de s’approcher du récif frangeant et d’échanger, avec des guerriers venus à bord de six pirogues, des clous contre quelques massues et des colliers. Lors du retour, au coucher du soleil, les guerriers se font menaçants et le patron de la chaloupe doit faire feu de son mousquet afin de les effrayer.
Dès que les matelots sont revenus, Wallis donne l’ordre de hisser les chaloupes, fait courir le navire deux ou trois miles sous le vent et quitte l’île le lendemain à l’aube. Le deuxième contact a lieu les 21 et 22 avril 1781, avec Maurelle qui rebaptise l’endroit «Consolation» car son équipage y trouve d’amples provisions : patates, cochons, cocos, bananes, en échange de diverses pièces d’habillement. La confiance est au rendez-vous puisque 19 wallisiens dorment à bord sans crainte et ils insistent pour que l’équipage descende à terre.
On ne saura jamais comment les wallisiens vécurent ces premiers contacts, mais Mgr Bataillon rencontra en 1840 quelques anciens qui avaient connu cette époque. Un vieillard raconte qu’à l’apparition du navire européen, on ne se douta pas que ce fût une terre des dieux glissant sur les flots. Le peuple prenait les mâts pour des cocotiers ? C’est sans doute pour cette raison, dit le vieillard, qu’on donne aux Européens le nom de papalagi qui signifie «planche du ciel».
JJ SCEMLA
© JJ SCEMLA
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MAREES WALLIS
Marées BASSES : 02 H 21 et 14 H 15
Hauteur : 0.60 et 0.75 Mètres
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Marées HAUTES : 08 H 07 et 19 H 57
Hauteur : 1.45 et 1.65 Mètres
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