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Uvea et Futuna : d'une découverte mutuelle tardive à la non colonisation

Histoire - Informations / 11 Septembre 2006

Cette contribution a pour but d'essayer d'expliquer pourquoi la découverte de ces deux archipels n'entraîna pas leur colonisation ; à première vue, l'explication s'affirme simple si l'on fit référence à une définition stricte de la colonisation, celle qui prend racine dans une implantation effective de colons ou dans une prise de possession impérialiste.

En effet, ces deux archipels peu peuplés sont isolés, exigus, dépourvus d'essences rares, de ressources minières ou de richesses marines, éloignés des routes maritimes et enfin ils s'avèrent sans valeur géostratégique.

Tout ceci peut expliquer à posteriori que Wallis et Futuna n'aient pas l'objet d'une prise de possession effective par une puissance européenne au XIXème siècle.

Et pourtant, bien d'autres îles aussi dépourvues de richesses que Wallis et Futuna ont connu le fait colonial. Donc, avant de conclure prématurément que si ces deux archipels n'ont pas été colonisés, c'est uniquement parce qu'ils ne présentaient aucun intérêt mercantile, il est nécessaire de reprendre le fil de leur histoire.

De ce fait, quatre périodes sont riches d'enseignement : leur découverte, sans prise de possession symbolique, la seule tentative privée de colonisation en 1831, la non ratification des traités de 1842, la mise en place du protectorat en 1887.

Une découverte mutuelle tardive

La découverte du nouveau monde en 1492 entraîna la première traversée du Pacifique en 1521.

Moins d'un siècle plus tard, en 1616 la découverte de Futuna fut le fruit du hasard. Un marchand connu d'Astredam, Isaac le maire et un marin expérimenté de la ville de Hoorn, Cornélius shouten, s'associe en 1614 pour découvrir de nouvelles contrées, « où leurs navires pourraient faire gros commerce et charger des vaisseaux de précieuses marchandises ».

Le 28 avril 1616, l'archipel est en vue. Après du premier contacts malheureux (mort de 6 Futuniens), ces étrangers envahisseurs furent jugés comme des êtres puissants, dangereux et malfaisants.

Le navire ancre devant Leava et le 2 mai 1616 ; des autochtones viennent avec des noix de coco et des ignames. Cadeaux de bienvenue, mise en place d'une opération de don contre don ou simple troc, les hollandais ne semble pas se poser la question et réagissent selon leurs modèles socioculturels. Commerçant dans ils marchandent.

Les Hollandais restent 16 jours à Futuna, mais ne semble pas vouloir entrer en possession de cet archipel.

Le 12 mai fut le jour de leur départ. Le silence retombe sur Futuna, plus aucun européen n'y fera escale avant le 11mai 1768 : ce jour là Bougainville croise quelque heures devant l'île. Il faudra attendre 1801 pour qu'un navire de missionnaires fasse escale à Futuna.

De 1801 à 1826, aucun navire n'est réputé être passé par Futuna qui connaît un à deux passages par an à partir de 1827.

Cent cinquante ans séparent la découverte de Futuna et celle d'Uvea, puisque Samuel Wallis, commandant du Dolphin mouille deux jours devant Uvea, sans y débarquer. Selon ses instructions, il ne chercha pas à prendre possession de l'archipel, sa mission étant d'ordre scientifique.

Ensuite Maurelle fait escale à Uvea le 21 et 22 avril 1781, sans qu'aucun des marins ne descendent à terre.

En 1791, le H.M.S Pandora reste quelques heures au large le 4 août.

Ces trois voyages ne donnèrent lieu à aucune prise de possession, même symbolique. Plus aucune touchée n'est signalée avant 1825, date à laquelle des relations épisodiques débutent avec les navires baleiniers.

En fait, ces deux archipels ne font l'objet d'une prise de possession en raison du désintérêt de leurs premiers découvreurs, négociants à la recherche de marchés potentiels et officiers de marines avides de connaissances. Puis leurs isolement persistant et leur petite taille n'incitèrent pas les derniers venus de la vague de découvreurs et à y chercher un avantage pour leur patries respectives.

En 1831, un commerçant aventurier tente de dominer Wallis

Le métis George Marina est déjà venu à Wallis en 1825 et il engagé dans le commerce des produits des îles des Mers du Sud. Il se rend à Wallis au début de 1830 et y épouse la fille du chef Takala, plusieurs membres de son équipage épousant aussi des Wallisiennes. A son départ, il emmène Takala à Hawaii et des otages en garantie. Le commerçant et capitaine Marina y trouvent des commanditaires pour y organiser un comptoir commercial et une installation de pêche au trépang à Wallis. Prés de 60 marins prennent part à l'expédition et les équipages ont été doublés car la plupart vont travailler à terre.

Au début de l'année 1831, Manini-Marina mouille à l'extrême sud de Wallis. L'îlot de Nukuatea lui est vendu par son chef Takala. Cette île va servir de port de relâche, de store pour les objets d'échange, d'une pour la préparation des bêches de mer et d'entrepôt pour les emmagasiner. Une grande maison avec un étage est édifiée, moitié résidence, moitié forteresse, avec un canon, des armes et des provisions. Un groupe de trente cabanes abrite les travailleurs hawaiiens et les plongeurs autochtones.

Ce mode de possession exclusif est contraire à la tradition wallisienne et les ennuis commencent. Parallèlement les plongées s'intensifient mais les maladies pulmonaires commencent à apparaître. En 1831, après quelques altercations, les wallisiens ne travaillent presque plus et quittent Nukuatea.

Marina décide de modifier le gouvernement de Wallis à son profit. En septembre 1831, il attaque le roi avec six canots et soixante pirogues. L'expédition est victorieuse et le roi devient Takala. Mais une majorité de wallisiens n'admettent pas son règne car il est de Mua et n'est pas de lignée royale. Fin janvier 1832, Manini est tué. Une grande partie des Hawaiiens est massacré, mais on ne tue aucun blanc. Le Lavelua est de nouveau installé roi.

Cette tentative avortée pour créer un établissement commercial durable vient d'une incompréhension mutuelle et de l'absence d'une communauté européenne complice. Il s'agissait d'une initiative isolée qui touchait une zone marginale où personne ne désire réellement s'engager.

Un protectorat récusé par la France en 1842

Cette année là, le Ministère de la Marine vient de se laisser distancer par les anglais au sujet de la colonisation de la Nouvelle Zélande. Aussi, ils cherchent une compensation territoriale possible dans le Pacifique Sud. Des démarches sont entreprises à Tahiti, aux Gambier, aux Marquises et à Wallis et Futuna.

Un premier pacte d'amitié est signé avec le roi par le commandant du Bouzet. Il semble que le Ministère n'y est pas donné suite.

Une deuxième demande vient en Novembre1842.

Mais cette demande est ambiguë : « Nous, le roi de Wallis et les chefs soussignés, après avoir embrassé la religion catholique apostolique et romaine, déclarons vouloir former un état libre et indépendant et en raison de la communauté de la religion demandons à être sous la protection de sa majesté Louis Philippe 1er roi des français ».
Fait à St Jean Baptiste le 04 novembre 1842, la première année de notre conversion.


De même à Futuna : « Je soussigné, roi de l'île Futuna assisté des principaux chefs en présence de MM Servant, missionnaire français dans l'île de Futuna? Déclarons l'île de Futuna libre et indépendante sous la protection immédiate de la France. En foi de quoi, nous et les témoins avons signé la présente déclaration. »
Futuna le 13 novembre 1842.

La France refuse poliment, du fait de la difficulté de la mise en place du protectorat sue les îles de la société et du fait des impératifs de la politique d'alliance avec la Grande Bretagne.

La mise en place d'un modeste protectorat

De 1840 à 1880, les deux îles connaissent un relatif isolement, mais au début des années 1880 une nouvelle vague expansionniste tend à partager entre les puissances européennes les quelques terres du Pacifique encore délaissées.


En 1880, le P. Bouzigue s'inquiète des tentatives de l'Angleterre pour mettre la main sur Wallis. L'administrateur britannique Romilly était venu « visiter » l'archipel. De plus la reine Amelia redoute la présence anglaise aux Fidji.
C'est dans ce contexte que la reine fait la demande de protectorat. Il ne s'agit nullement d'un diktat de la part d'une puissance européenne envers un état faible, mais plutôt du libre choix d'un micro état fortement influencé par la religion, de s'associer à une entité plus grande susceptible de le protéger.

Le P. Bouzigue explique cette demande en 1887 par le percement du canal de Panama et la rivalité qui en découle entre les Anglais et les Allemands.

A la fin du XIXème siècle, il apparaît donc que la colonisation commerciale ou terrienne fut un échec ou n'exista pas en raison des conditions limitatives du milieu. Quant à la colonisation étatique, elle ne se fait pas en raison du désintérêt des grands états envers le pacifique insulaire, puis à cause des impératifs de la politique internationale, enfin, du fait de la mission qui fit le lit du protectorat pour mieux le vider de toute substance. Cette forte influence missionnaire représente une forme particulière de colonisation, dont les retombées sont encore à étudier dans le Pacifique.

Référence : Voyage, découverte, Colonisation (5ème colloque CORAIL 1992 pages 25 à 41).

F ANGLEVIEL


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